blazinalLe développement lent aussi souvent appelé « Stand Development » est un procédé dans lequel la pellicule photographique est laissée pendant un long laps de temps dans une solution très diluée de révélateur et en faisant peu ou pas d’agitations de la cuve de développement. Ce procédé est principalement réalisé avec le révélateur Rodinal (vendu sous le nom de Blazinal au Canada).

Le procédé est vieux. En 1911, Bernard E. Jones mentionne dans son ouvrage: Stand Development, Cassell’s Cyclopaedia of Photography que la technique a été mentionnée en 1882 par Wratten et Wainwright.*  Le développement lent est populaire par sa simplicité et par la finesse des ses résultats. Il était très populaire aux 19e et 20e siècles et était constamment utilisé par les photographes Eugène Atget et William Mortensen.

Dans un développement « standard » la pellicule photographique est développée dans sa cuve de développement sur une période de temps pouvant aller de 5 à 12 minutes. Durant ce temps, vous aurez à agiter/inverser la cuve à plusieurs reprises à chaque minute. Ceci permet au révélateur d’entrer en contact avec toute la surface de la pellicule et d’éviter le surdéveloppement. Le développement lent quant à lui, utilise une solution très diluée, souvent de l’ordre d’une partie de révélateur pour 100 parties d’eau. Il existe aussi le développement semi-lent qui utilise deux agitations/inversions à mi-parcours du temps.

Il y a plusieurs avantages à utiliser le développement lent. La chimie agit de façon « compensatoire », c’est à dire qu’elle uniformisera la révélation des différentes zones du négatif.

D’un point de vue pratique, le révélateur agira plutôt sur les hautes lumières durant les 15 premières minutes du développement. Ensuite, durant les 45 minutes restantes, le révélateur aura tout le temps de faire ressortir les plus fins détails dans les valeurs moyennes et les nuances les plus subtiles dans les basses lumières. Aussi, la grande souplesse du traitement permet d’uniformiser le développement d’un film qui aura été exposé à différentes valeurs ISO. Par exemple, un film 135 de 400ISO sur lequel vous aurez exposé à 6 vues à 400ISO, 6 vues à 800 ISO et 12 vues à 200 ISO vous donnera un résultat satisfaisant, malgré les grands écarts d’exposition.

film419webfilm Rollei/Agfa Retro 400S en développement lent au Rodinal

Est-ce que n’importe quel film argentique peut être développé en développement lent? La réponse est non. Le développement lent n’est utilisé qu’avec les pellicules photographiques en noir et blanc, Fuji Acros, du Kodak Tri-X, TMax, du Rollei/Agfa Retro, du film Shanghai ou du film Ilford etc… Personnellement, j’utilise ce procédé principalement pour les films moyens et grands formats (120, 220, 620 et 4×5″).  Il existe une seule recette facile à retenir. Dilution 1+100 @ 20°C pour une durée de 60 minutes. Ceci dit, dans ce procédé, la température n’a pas vraiment d’importance si vous restez entre 17 et 24°C.

Le développement lent engendre parfois un problème : le révélateur produit des ions de bromures qui « glissent » sur la pellicule durant le développement et se ramassent dans le fond de la cuve. Possible avec du film moyen format mais encore plus probable avec du film 135, les perforations de celui-ci perturbent l’écoulement ionique et causent un effet irréversible apparaissant sous forme de stries blanchâtres.

bromureslideStries blanchâtres causées par les ions bromure.

Afin d’éliminer autant que possible les inconvénients du développement lent, vous pouvez faire le procédé de développement semi-lent. C’est exactement la même technique avec la seule différence qu’à la trentième minute, vous donnez deux inversions lentes à votre cuve. Voici le procédé au complet:
Premièrement, je fais un pré-mouillage de mes films pendant 5 minutes afin d’éliminer au maximum la couche antihalo. Suite au pré-mouillage, j’incorpore dans la cuve la solution de développement. Immédiatement, je procède à des inversions de la cuve à vitesse normale pendant 1 minute suivie de trois bonnes tapes sous la cuve afin d’éliminer les bulles. À la trentième minute, je donne deux inversions lente à la cuve. Au bout de 60 minutes de traitement, je vide le révélateur et procède à un rinçage à l’eau pendant 1 minute suivie du fixateur pendant 5 minutes. À ce moment-là, il est sécuritaire d’ouvrir la cuve et de procéder au rinçage pendant au moins 5 minutes. S’en suivra le rinçage final au Photo-Flo pendant 2 minutes.

Au sujet de l’utilisation du mot Rodinal, originalement de la firme Agfa. Le mot Rodinal est protégé par un Trademark (Marque de commerce). Si vous cherchez du Rodinal sur les tablettes des commerçants spécialisé vous risquez de ne pas trouver. Selon l’endroit ou vous habitez le « Rodinal » portera un nom différent.
– Canada: Blazinal
– France: Fomadon R09

Questions et/ou commentaires? N’hésitez pas à nous laisser un message ci-dessous.

Petite mise à jour. Un ami, ancien étudiant de l’École Nationale Supérieur Louis Lumière me fait part d’un mémoire écrit par un étudiant en 2012. Son mémoire porte sur le développement lent, Superbe découverte que vous pouvez télécharger en suivant ce lien: Mémoire de Tristan Happel

* cyclopedia-of-photography
Publicités